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PREFACE
Les religions de la Chine ont toujours constitué un des centres d'intérêt principaux de la sinologie française. Le présent travail de M. Ngo Van Xuyet s'inscrit bien dans celle tradition. Marcel Granet avait d'ailleurs attiré l'attention, dans un de ses cours de la Ve section de l'École Pratique des Hautes Études, sur l'intérêt du texte qui est étudié et traduit ici. On y découvrira un aspect peu connu de la religion des anciens Chinois, un ensemble de savoirs et de pratiques occultes qui étaient l'apanage d'un milieu intellectuel très particulier, intermédiaire entre les lettrés-fonctionnaires du confucianisme officiel et le peuple aux moeurs «superstitieuses». D'ailleurs, on verra qu'à l'époque concernée (les Han postérieurs, deux premiers siècles de notre ère), la démarcation est souvent difficile à établir entre les premiers (les jou) et les fang-che qui étaient des lettrés non intégrés dans le système mandarinal. Aussi bien, il serait simpliste de se représenter la Chine ancienne comme constituée uniquement d'une élite de lettrés opposée à une masse d'illettrés. Il a toujours existé des littératures et des sciences populaires, et cela dès l'Antiquité. Pour les Han, les fang-che sont un bon exemple, c'étaient des spécialistes des sciences occultes, en particulier de la magie et de la divination. Mais il est dans la nature de tout occultisme de n'être pas accessible à qui n'est pas dûment initié. L'auteur de l' «Histoire des Han postérieurs» (Heou Han chou) ne prétendait pas avoir compris toutes les techniques dont il parle dans le chapitre 112. M. Ngo Van s'est néanmoins efforcé de rechercher dans les anciens textes chinois le maximum de renseignements; cela représente un travail considérable de recherche et de réflexion, et il sera difficile d'aller plus loin en l'absence de documents nouveaux que seule l'archéologie pourrait apporter. Il faut remercier les Presses Universitaires de France de rendre accessible à un public élargi un ouvrage aussi spécialisé, mais qui projette une lumière nouvelle sur l'univers intellectuel de la Chine ancienne.

Max KALTENMARK

En couverture : Détail d'une peinture de l'empereur des Song, Song Hui Zong, 1101-1125
Divination, magie et politique dans la Chine ancienne,
1e édition : Presses Universitaires de France, 1976
Présente édition : You-Feng, libraire-éditeur, 2002
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